1) Le gras, c’est la vie

Si le corps humain renferme de la graisse abdominale, c’est pour la simple et bonne raison qu’elle est indispensable à l’organisme. « La graisse sous cutanée est une réserve physiologique et énergétique, rappelle la médecin Martine Duclos, chef du service de médecine du sport et des explorations fonctionnelles au CHU de Clermont-Ferrand. Cette couche de graisse est utile car c’est notamment dans cette zone que seront puisés les sucres nécessaires à l’organisme en dehors des repas. Toute personne en bonne santé en a besoin pour vivre. Il ne faut pas la supprimer totalement. »

Un avis partagé par le médecin généraliste Damien Mascret : « Physiologiquement, un patient en aura toujours, sauf à se mettre en déséquilibre et à mettre sa santé en danger en faisant trop de sport ou en ne mangeant pas suffisamment. Il est tout à fait normal d’avoir de la graisse dans le corps. » Si l’excès de graisse abdominale est mauvais pour la santé et peut engendrer des maladies cardiovasculaires, chercher par tous les moyens à l’éliminer totalement l’est tout autant.

2) On ne naît pas égaux face au gras

La nature est bien faite, mais elle n’en demeure pas moins inégale. Chez certaines personnes, perdre son surplus de graisse abdominale est aussi simple que de regarder la télévision. Pour d’autres, malgré tous leurs efforts, c’est une tâche ardue.

Parmi les facteurs qui concourent à ces difficultés, la génétique joue un rôle de premier plan. « Le facteur génétique est primordial, précise Jean-Jacques Menuet, médecin du sport et spécialiste de la nutrition sportive à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). On ne naît pas tous égaux. Lorsque dans l’entourage d’un patient, beaucoup de personnes présentent un surpoids, la perte de la ceinture abdominale est plus compliquée. »

3) L’âge, sans pitié

Selon le spécialiste, l’âge du patient influe également sur la capacité du corps à accumuler de la graisse au niveau de l’abdomen. Vers 35-45 ans, les hommes peuvent être touchés par un phénomène naturel dû à des facteurs hormonaux : l’obésité androïde. Autrement dit, l’apparition de la fameuse petite bouée au niveau du ventre. « C’est l’âge traditionnel où les patients commencent à consulter pour ce problème », indique le Dr Jean-Jacques Menuet.

Chez les femmes, la quantité de graisse stockée dans le ventre augmente avec l’apparition de la ménopause, habituellement vers l’âge de 50 ans. Avant cette période, ce sont les fesses et les cuisses qui accueillent le plus facilement les graisses.

Mais alors, comment faire ?

Pour ne pas se laisser déborder par la ceinture de graisse abdominale, une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits et légumes et pauvre en sucres est nécessaire. L’alcool et les produits contenant de nombreux sucres rapides sont à consommer avec modération.

Autre problème pour réduire les graisses abdominales : leur localisation. « Elles ne sont pas placées sur des zones musculaires très développées, précise Jean-Jacques Menuet. En comparaison avec les mollets d’un cycliste ou les cuisses d’un footballeur, l’élimination des graisses sera plus compliquée sur le ventre car il est moins sollicité. »

Une activité sportive régulière permet de limiter l’accumulation de graisses sur la ceinture abdominale. « La musculation des abdominaux et le gainage sont de bons moyens pour faire fondre la graisse mais uniquement d’un point de vue esthétique. Cette activité est à réaliser en collaboration avec un kinésithérapeute ou un moniteur de salle de sport. Nager sur le dos, en piscine ou en mer, fait également bien travailler les abdos », préconise le Dr Jean-Jaques Menuet.

La pratique d’une activité sportive est aussi la solution conseillée par le médecin généraliste Damien Mascret. « Il faut qu’elle soit intensive. Plusieurs études ont démontré qu’il fallait mieux privilégier une activité brève mais intense plutôt qu’un sport long avec un rythme lent. »