Depuis quarante ans, athlètes, vedettes et chefs d’entreprise s’offrent une remise en forme annuelle dans l’hôtel spa 5-étoiles de cet autodidacte, formé à la psychologie et à la médecine chinoise, inventeur du concept de biontologie «pour rester jeune le plus longtemps possible et vieillir en bonne santé». Son établissement de Merano, en Italie, propose ainsi des ­cures de détoxination, régénération et perte de poids à base d’alimentation saine et équilibrée, de massages et de pratiques plus controversées (comme l’hydrothérapie du côlon ou les tests ADN). Entretien avec Henri Chenot à l’occasion de la publication de Soigner sa santé et vivre sainement avec la méthode Chenot (1), un ouvrage assez technique dans lequel on peut toujours picorer quelques préceptes à suivre au quotidien.

Le Figaro.- Si vous deviez préconiser un seul changement d’habitude concernant notre alimentation, quel serait-il ?
Henri Chenot : Mastiquer. À ­Merano, nous rectifions l’assiette mais aussi la façon de manger. J’explique toujours à mes clients que mâcher, c’est maigrir et acquérir une plus grande vitalité. Nos aînés s’asseyaient à ­table, prenaient le temps de déjeuner et de dîner. Aujourd’hui, nous avalons un sandwich devant l’ordinateur ou un plat rapide devant la télévision. Pire, de plus en plus d’aliments industriels sont fabriqués pour être consommés ainsi. Or, mastiquer permet au cerveau de transmettre la sensation de satiété et au système digestif d’assurer ses fonctions : en se mélangeant aux aliments, la salive forme le bol alimentaire, facilite la descente dans l’estomac et, dans la bouche, ses enzymes transforment déjà les macronutriments en éléments plus facilement assimilables. Les protéines notamment, si elles ne sont pas bien broyées, créent dans le colon des débris putrescents, des déchets toxiques que l’organisme élimine à grand-peine.

Vous dites que les facultés digestives (et hormonales) diminuent entre 29 et 35 ans, selon un système naturel de cycle du corps humain.

Nos cellules sont intégralement renouvelées tous les sept ans. Par ailleurs, elles semblent programmées un certain nombre de fois au cours de notre vie, après quoi elles cessent d’accomplir leur tâche. En pratique, à partir de l’enfance, tous les sept ans, l’homme subit une évolution et une involution de son métabolisme. De 29 à 35 ans, par exemple, les facultés digestives et hormonales diminuent : les méridiens de l’estomac et du gros intestin ne sont plus capables de fournir au sang la puissance nécessaire pour une bonne régénération du visage et du cuir chevelu, la peau commence à se flétrir et les cheveux à tomber. Entre 36 et 42 ans, le déclin se poursuit avec une phase de saturation qui réduit nettement les capacités de digestion et d’assimilation, d’où l’importance de surveiller son alimentation. De 43 à 49 ans arrive la phase de sédimentation avec des toxines se déposant au niveau des artères et des os, le corps se fatigue et s’alourdit. De 50 à 56 ans, on observe une forte modification hormonale, de 57 à 63 ans le durcissement physique fait perdre l’agilité, etc.

Peut-on agir positivement sur ce processus ?
Notre organisme suit son propre cycle de vie, allant de la naissance jusqu’à la mort, en passant par une série d’étapes. Le vieillissement peut être accéléré par un mode de vie inadapté qui empêche une régénération cellulaire normale, mauvaise alimentation, absence oumanque d’exercice, stress excessif… À l’inverse, si nous en connaissons les mécanismes, nous pouvons le ralentir pour vivre au mieux chaque étape de notre vie. Ainsi, à partir de 64 ans, ­survient une phase de réduction physique dont l’évolution dépend d’une observance stricte de l’hygiène alimentaire et d’une activité physique modérée. Méfiez-vous aussi des tendances ­alimentaires et des produits à la mode, un gros business de nos jours. Il faut toujours respecter le rythme du corps. Les femmes ont tendance à se forcer à boire, or l’idéal est de prendre un verre d’eau à jeun, et à distance des repas, pour activer la diurèse, puis la même quantité après chaque passage aux toilettes. Les publicités qui encouragent à boire beaucoup d’eau sont une fumisterie.

(1) Soigner sa santé et vivre sainement avec la méthode Chenot, de Henri Chenot, Éditions Mondadori, 17, 90 €.