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Peut on suivre un régime vegan sans souffrir de carences nutritionnelles ?

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Le régime vegan est-il dangereux pour la santé ?

Peut on suivre un régime vegan sans souffrir de carences nutritionnelles ?

À l’occasion du salon VeggieWorld qui se tient ce week-end à Paris, Le Figaro revient sur les conséquences d’un régime sans aucun produit d’origine animale.

Du sac en cuir au pull en laine en passant par des produits de maquillage testés sur l’animal, le véganisme est un mode de vie qui rejette tous les produits de consommation issus de l’exploitation animale. L’objectif? «Exclure, autant que possible, toutes activités faisant souffrir les animaux», et cela afin d’«avoir un impact négatif le plus faible possible sur autrui», indique sur son site Internet l’association de défense des animaux L214. L’alimentation fait évidemment l’objet de nombreuses restrictions puisque tous les aliments d’origine animale sont exclus. Une question se pose alors: est-il possible de suivre un tel régime sans souffrir de carences nutritionnelles?

Véganisme, végétalisme et végétarisme: quelles différences ?

«Il faut bien distinguer le véganisme, le végétalisme et le végétarisme, souligne le Pr Irène Margaritis, chef de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). «Le véganisme est un mode de vie à part entière dont le régime alimentaire est le végétalisme. Les véganes, comme les végétaliens, ne mangent pas de viande, de poisson, d’œufs, de produits laitiers, de miel ni même de produits contenant de la gélatine de porc», explique la spécialiste en nutrition. Le régime végétalien repose donc uniquement sur les aliments issus des végétaux, comme les fruits et les légumes, les céréales ou encore les légumineuses. Par contre, tous les végétaliens n’adoptent pas le mode de vie végane. Quant au végétarisme, il consiste à exclure uniquement la chair des animaux, c’est-à-dire la viande et le poisson, et non le lait et les œufs.

S’il est désormais communément admis qu’un régime végétarien bien conduit ne présente aucun risque, voire qu’il pourrait même être bénéfique à la santé cardiovasculaire, il n’en est pas de même pour le végétalisme. Son avènement récent en France explique sans doute le manque de recul sur son impact sanitaire. Cette pratique minoritaire dans les pays occidentaux ne fait donc l’objet d’aucune recommandation nutritionnelle officielle à l’heure actuelle. «Ce régime en lui-même ne présente a priori pas de risque s’il est bien pratiqué, mais cela nécessite une vigilance toute particulière et de se faire aider par un médecin nutritionniste ou un diététicien», affirme le Pr Margaritis, soulignant toutefois qu’«un régime végétalien suivi sans connaissances peut avoir des conséquences dramatiques».

Vitamine B12, iode, calcium et fer

Le principal risque de carence concerne la vitamine B12, qui joue un rôle particulièrement important dans la formation des globules rouges et le renouvellement de certaines cellules. Or les végétaliens sont complètement privés de cette vitamine que l’on trouve exclusivement dans la viande et le poisson et, dans une moindre mesure, le lait et les œufs. «Les végétariens peuvent spontanément couvrir leurs besoins en vitamine B12, ce n’est pas le cas des végétaliens, explique le Pr Margaritis. Il est absolument nécessaire que les végétaliens se supplémentent en B12, par des compléments alimentaires ou des aliments enrichis». Gare aux mauvaises sources de vitamine B12, comme la spiruline et le tempeh (produit à base de soja fermenté), qui délivrent une version inactive de la vitamine.

Les végétaliens doivent également veiller à leur apport en iode, bien que le risque de carence soit moins grand que pour la vitamine B12. L’iode est un oligo-élément apporté par le sel s’il est iodé, le poisson et les fruits de mer. Il est possible de remédier à ce déficit d’apport par des compléments alimentaires.

Qu’en est-il du calcium et du fer, oligo-éléments indispensables, majoritairement apportés par les produits laitiers pour l’un, la viande pour l’autre? Contre toute attente, les végétaliens peuvent parfaitement subvenir à leurs besoins. De nombreux aliments d’origine végétale sont riches en calcium (brocolis, choux, persil, soja, tofu, amandes, fruits secs, pois chiches…) ainsi que certaines eaux (Hepar, Contrex, Courmayeur…).

Quant au fer, on en retrouve un peu partout, mais sous une forme moins assimilable que celui présent dans la viande. «Ce phénomène est en partie compensé par le fait que la vitamine C favorise l’absorption du fer or les végétaliens ont généralement de bons apports en vitamine par les fruits et légumes qu’ils consomment en quantité», souligne le Pr Margaritis.

Le faux problème des protéines

Contrairement aux idées reçues, les protéines ne sont pas l’apanage de la viande, des œufs et des produits laitiers. «Les céréales et les légumineuses apportent des protéines de bonne qualité dont des acides aminés essentiels, à condition de diversifier sa consommation», rappelle la spécialiste. Les acides aminés sont les briques qui permettent de fabriquer les protéines. Il en existe 22 types, dont 9 doivent être apportés par l’alimentation.

Seul hic: une légumineuse donnée ne délivre pas à elle seule tous les acides aminés dont nous avons besoin. Les lentilles n’apportent pas les mêmes acides aminés que les pois chiches, par exemple. «Si l’équilibre entre légumineuses et céréales est respecté, et les apports suffisants, il n’y a pas de risque de déficit en protéines pour les végétaliens», affirme le Pr Margaritis.

Repenser son alimentation

Peut-on dire qu’il est possible d’être végétalien sans mettre sa santé en danger? «C’est tout à fait possible pour un adulte en bonne santé, répond le Pr Margaritis. Mais il faut faire très attention à ce que l’on mange, ce qui nécessite de disposer de connaissances robustes en nutrition. Il ne suffit pas d’éliminer les produits d’origine animale et de continuer à manger comme on le faisait auparavant. Il faut complètement repenser son alimentation».

Quant aux femmes enceintes ou allaitantes, les précautions doivent être très grandes. «Il ne faut jamais perdre de vue qu’au cours de ces périodes, le développement de l’enfant dépend des apports nutritionnels de sa mère. Or de mauvais choix alimentaires peuvent être fatals, souligne le Pr Margaritis. Dans le doute, mieux vaut s’en tenir à un régime omnivore avec les précautions habituelles».

En conclusion. En dehors de la vitamine B12, qui doit absolument être supplémentée, il est possible d’avoir une alimentation équilibrée en ne consommant que des produits d’origine végétale quand on est un adulte en bonne santé. Un constat qui ne s’applique en revanche pas aux femmes enceintes ou allaitantes, ni aux enfants en cours de croissance, ni aux personnes malades ou âgées. Il est fortement recommandé de prendre conseil auprès d’un médecin nutritionniste ou d’un diététicien avant de commencer un régime végétalien.

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